Le père Noël dans les traditions du monde entier : 30 visages d’un même mythe

Saviez-vous que le père Noël ne s’appelle « père Noël » qu’en France et dans les pays francophones ? Ailleurs, ce vieux monsieur barbu prend des dizaines de noms différents. Babbo Natale, Weihnachtsmann, Ded Moroz, Sinterklaas, Joulupukki… Chaque culture a réinvente son propre porteur de cadeaux. Certains sont des saints, d’autres des lutins, et quelques-uns ressemblent davantage à des sorciers.
Cet article fait le tour des traditions du père Noël à travers les continents. On y verra d’où vient le personnage rouge et blanc qu’on connait, qui apporte les cadeaux dans les pays orthodoxes, pourquoi les enfants italiens attendent une vieille dame sur un balai, et comment les Australiens fêtent Noël en maillot de bain. De quoi nourrir vos prochaines conversations de réveillon.
Aux origines du père Noël : de saint Nicolas à Santa Claus
Avant le père Noël, il y avait saint Nicolas. Le personnage historique vivait au IVe sièclé dans l’actuelle Turquie, à Myre. Évêque connu pour sa générosité envers les enfants pauvres, il a été canonise et fêté chaque année le 6 décembre. Sa légende a traversé toute l’Europe médiévale, du nord de la France à la Russie, en passant par l’Allemagne et les Pays-Bas. Dans ces régions, c’est encore lui qui apporte les premiers cadeaux du mois.
Le grand tournant se joue au XIXe sièclé. Les colons néerlandais qui fondent New York amènent leur « Sinter Klaas », saint Nicolas des Pays-Bas, dans leurs valises. Le nom devient « Santa Claus » avec l’accent américain. Et puis vient le poème « A Visit from St. Nicholas » publié en 1823 par Clement Clarke Moore, qui décrit pour la première fois un petit elfe rondouillard sur un traineau tiré par huit rennes. La silhouette se précise.
L’image définitive arrive grâce au dessinateur Thomas Nast à partir de 1863, puis explose avec une campagne publicitaire. Coca-Cola charge Haddon Sundblom de dessiner un Santa Claus en 1931, dans les couleurs rouge et blanc de la marque. Le succès est mondial. C’est ce père Noël là, gros, jovial, vêtu d’un manteau rouge bordé de fourrure blanche, qui s’est exporté presque partout et qui orne aujourd’hui les vitrines, les figurines de père Noël et les centres commerciaux.
Mais cette uniformisation n’a jamais effacé les figures locales. Dans beaucoup de pays, le père Noël à l’américaine cohabite avec un personnage plus ancien, parfois plus inquiétant. Petit tour d’horizon.
En France et en Belgique : père Noël et Père Fouettard
En France, le père Noël descend par la cheminée la nuit du 24 au 25 décembre. Les enfants laissent leurs souliers au pied du sapin, parfois accompagnés d’un verre de lait et d’un biscuit. Cette tradition, popularisée après-guerre sous l’influence américaine, a remplacé dans la plupart des régions celle du « petit Jésus » qui apportait les présents.
Le saint Nicolas reste très vivant dans le quart nord-est de la France, en Lorraine, en Alsace et dans les Ardennes. Il défile dans les villes le 6 décembre, en mitre et crosse d’évêque, monté sur un âne. À ses côtés marche le Père Fouettard, son sombre acolyte, vêtu de noir, qui menace les enfants désobéissants d’un fouet ou d’un sac. Le contraste entre les deux personnages structure toute la tradition : la bonté du saint contre la sévérité du puniseur.
En Belgique, le rôle du saint Nicolas est encore plus central que celui du père Noël. Beaucoup d’enfants reçoivent leurs principaux cadeaux le 6 décembre, et seulement une petite enveloppe ou une attention le 25.

En Italie : Babbo Natale et la sorcière Befana
Babbo Natale, c’est le nom italien du père Noël. Littéralement « papa Noël ». Il s’est imposé après-guerre, comme partout en Europe, mais il partage la vedette avec une figure plus ancienne et beaucoup plus pittoresque : la Befana.
La Befana est une vieille dame ridée qui se déplace sur un balai volant, comme une sorcière. Elle passe dans les maisons la nuit du 5 au 6 janvier, jour de l’Épiphanie. Les enfants laissent leurs chaussettes pendues à la cheminée. Si l’enfant a été sage, il y trouvera des bonbons et des petits cadeaux. S’il a été insupportable, du charbon. La tradition est tellement ancrée que même aujourd’hui, beaucoup de marchands vendent du faux charbon en sucre noir, juste pour le clin d’œil.
Côté décoration, l’Italie reste le pays de la crèche. La tradition du « Presepe », inventée à Naples au Moyen Âge, a essaimé dans toute la péninsule. Chaque famille à la sienne, parfois transmise sur plusieurs générations, avec des dizaines de personnages en terre cuite. Certains pères Noël géants installés sur les piazzas des grandes villes côtoient des crèches monumentales pendant tout le mois de décembre.
En Allemagne et en Autriche : Weihnachtsmann, Christkind et Krampus
L’Allemagne fait coexister trois figures distinctes pendant les fêtes, ce qui peut dérouter le visiteur étranger.
D’abord, le Nikolaus (saint Nicolas) passe le 6 décembre au matin. Les enfants laissent leurs chaussures devant la porte la veille, et y trouvent des bonbons, des oranges et de petits jouets. C’est une fête à part entière, attendue avec impatience.
Ensuite arrive le Weihnachtsmann le 24 décembre au soir. C’est l’équivalent de notre père Noël, popularisé par l’imagerie américaine. Mais dans certaines régions catholiques du sud de l’Allemagne, en Autriche ou en Suisse, ce n’est pas lui qui apporte les cadeaux. C’est le Christkind, l’Enfant Jésus, représenté comme un enfant blond aux cheveux bouclés, vêtu de blanc.
Et puis il y à le Krampus, la créature démoniaque mi-homme mi-bouc qui accompagne saint Nicolas dans le folklore alpin. Le 5 décembre au soir, des défilés de Krampus parcourent les villages autrichiens et bavarois. Hommes déguisés avec des masques effrayants, des chaines et des cloches, ils représentent la part sombre de Noël, le rappel que les enfants désobéissants risquent quelque chose. Spectacle saisissant pour qui n’en a jamais vu.
Au Royaume-Uni : Father Christmas et les crackers
Father Christmas existait bien avant l’arrivée du Santa Claus américain. Personnage allégorique apparu dans les pièces de théâtre du XVe sièclé, il personnifiait la joie de la saison plutôt que la distribution de cadeaux. Vêtu d’une longue robe verte, il représentait l’esprit du Noël anglais, du « Merry Christmas ».
Au XIXe sièclé, l’influence américaine a fini par fusionner les deux figures. Aujourd’hui, le Father Christmas britannique est habillé de rouge comme son cousin d’outre-Atlantique. Il dépose les cadeaux dans des bas suspendus au pied du lit ou à la cheminée.
Le repas de Noël britannique est un moment codifié. La dinde rôtie, le Christmas pudding flambé au cognac, et surtout les fameux crackers. Ces petits cylindres en papier décoré contiennent une couronne en papier, une devinette idiote et un petit jouet. Deux convives tirent chacun de leur côté, le cracker fait « pop », et tout le monde porte sa couronne pendant le repas. Coutume drôle, désuète et complètement adoptée.
Aux Pays-Bas : Sinterklaas et Zwarte Piet
Aux Pays-Bas, la grande fête, c’est le 5 décembre. Le Sinterklaas (saint Nicolas) arrive plusieurs semaines avant, traditionnellement par bateau depuis l’Espagne, où il est censé résider le reste de l’année. Son arrivée dans le port d’Amsterdam ou dans une autre ville hôte est retransmise à la télévision nationale et suivie par des milliers d’enfants.
Pendant les semaines qui précèdent, les enfants laissent leurs chaussures devant la cheminée, accompagnées de carottes pour le cheval blanc Amerigo. Ils trouvent au matin des friandises, du pepernoot (petits biscuits aux épices) et des oranges.
Le soir du 5 décembre, le Sinterklaas distribue les principaux cadeaux. Le 25 décembre est plus calme, dédié aux repas en famille. Beaucoup de familles néerlandaises ne fêtent que très peu le « Kerstmis », le Noël chrétien proprement dit.
Une polémique entoure depuis quelques années Zwarte Piet (Pierre le Noir), l’aide du Sinterklaas, traditionnellement représenté par des comédiens grimés en noir. Plusieurs villes ont modifié le personnage pour en faire un Piet à la suie ou un Piet de couleurs variées, suite à des accusations de racisme. Le débat reste vif dans le pays.
En Espagne et en Amérique latine : Papá Noel et les Rois mages
Les Espagnols ont longtemps ignoré le père Noël. Pour eux, les cadeaux n’arrivaient pas le 25 décembre, mais le 6 janvier, jour des Rois mages, los Reyes Magos. La nuit du 5 au 6, Melchior, Gaspard et Balthazar passent dans les maisons et déposent les présents sous le sapin ou dans les chaussures laissées sur le balcon.
Les enfants espagnols laissent un peu d’eau et de nourriture pour les chameaux fatigués des Rois mages. Et le matin du 6 janvier, c’est la grande effervescence. Beaucoup de familles servent ce jour-là le « Roscón de Reyes », une couronne briochée fourrée à la crème, dans laquelle sont cachés une fève et un petit roi en porcelaine. Celui qui trouve le roi sera couronné, celui qui trouve la fève paiera le gâteau l’année suivante.
Papá Noel s’est installé progressivement à partir des années 1980, notamment auprès des jeunes générations urbaines. Beaucoup de familles font désormais une mini-distribution le 25 et la grande le 6 janvier. Les enfants ont droit à deux passages.
En Amérique latine, on retrouve aussi Papá Noel. Au Mexique, les Reyes Magos sont encore très importants. En Argentine, au Brésil (où on l’appelle Papai Noel) et au Chili, la tradition s’est largement américanisée, avec le sapin, les chaussettes au-dessus de la cheminée et le repas du 24 au soir.
En Russie et en Europe de l’Est : Ded Moroz et Snégourotchka
En Russie, le père Noël n’existe pas sous cette forme. Celui qui apporte les cadeaux s’appelle Ded Moroz, littéralement « Grand-Père Gel ». Il vient du folklore slave païen, où il personnifiait l’hiver, parfois cruel, parfois bienveillant. La période soviétique, qui interdisait les fêtes religieuses, a transformé Ded Moroz en figure laïque pour les fêtes du Nouvel An.
Ded Moroz est habillé d’un long manteau, généralement bleu ou blanc (mais aussi rouge depuis l’influence occidentale), et porte une longue barbe blanche. Il n’est pas seul. Il est accompagné de Snégourotchka, sa petite-fille, jeune fille blonde aux yeux clairs vêtue d’un manteau brodé. Dans la mythologie, c’est la fille du Gel et du Printemps.
Les cadeaux n’arrivent pas le 25 décembre, mais dans la nuit du 31 décembre au 1er janvier, pour le Nouvel An. Le Noël orthodoxe, lui, est célébré le 7 janvier (calendrier julien), mais c’est une fête plus discrète, principalement religieuse.
En Pologne, c’est Święty Mikołaj qui passe le 6 décembre. En Hongrie, on fête Mikulás le 6 décembre, puis Télapó (« vieil hiver ») arrive le 24 décembre, mais ce n’est pas lui qui apporte les cadeaux. Selon la tradition, c’est le petit Jézuska (l’Enfant Jésus) qui les dépose discrètement au pied du sapin.
En Scandinavie : lutins, gnomes et créatures du foyer
Les pays nordiques ont une tradition à part. Le porteur de cadeaux n’est pas un grand monsieur barbu venu du ciel, mais un lutin domestique qui vit déjà dans la ferme.
En Suède, c’est Jultomten ou simplement Tomten. Petit homme à barbe blanche, vêtu de gris ou de rouge, mesurant à peine plus haut qu’un seau de lait. Il habite traditionnellement sous le plancher de l’étable et veille sur les bêtes. Si on le néglige ou si on le contrarie, il peut faire des farces ou abimer le bétail. La veille de Noël, on lui laisse un bol de bouillie de riz au beurre pour le remercier. Et il dépose les cadeaux directement à la porte ou les apporte en personne, frappant à la fenêtre.
En Norvège, on l’appelle Julenissen ou Nisse. Même apparence, mêmes habitudes. Lui aussi adore son porridge, et gare à ceux qui oublient. Il devient capricieux et casse des objets dans la maison. Tradition rigolote, mais prise très au sérieux dans les campagnes encore aujourd’hui.
Au Danemark, le Julemand a fini par ressembler davantage au père Noël classique. Mais dans les fermes, on parle encore du Nisse, ce petit gnome qui vit dans le grenier ou sous l’escalier.
En Finlande, le père Noël s’appelle Joulupukki, littéralement « bouc de Yule ». Drôle de nom qui rappelle qu’à l’origine, c’était une créature de la mythologie païenne associée au solstice d’hiver. Aujourd’hui, le Joulupukki habite officiellement dans la région de Korvatunturi, en Laponie, près de la frontière russe. Et il se déplace en personne d’une maison à l’autre le soir du 24 décembre, pour distribuer les cadeaux aux enfants. Pas de cheminée discrète : il sonne à la porte, demande « Y a-t-il des enfants sages ici ? », et entre dans la maison. La rencontre est attendue toute l’année.
Les figures alternatives : Olentzero, Joulupukki, Caganer
Au Pays basque, ce n’est ni le père Noël ni saint Nicolas qui apporte les cadeaux. C’est Olentzero, un personnage trapu, vêtu en paysan, le visage barbouille de suie. Charbonnier descendu de ses montagnes pour annoncer la naissance de Jésus, il défile dans les villages basques le 24 décembre, porte par les enfants ou les jeunes du village. Il dépose ses présents au pied du sapin pendant la nuit.
En Catalogne, on a inventé deux personnages dont les Catalans sont très fiers, et les autres Espagnols souvent moqueurs. D’abord le Caga Tio (« le tronc qui défèque »), un morceau de bois habillé d’un bonnet rouge et d’une couverture, qu’on « nourrit » tout au long du mois de décembre. Le 24, les enfants le frappent avec un bâton en chantant pour qu’il « libère » les cadeaux cachés sous la couverture.
Et il y à le Caganer, petite figurine d’un personnage en train de… faire ses besoins dans un coin de la crèche. Tradition vraiment particulière, vieille de plusieurs sièclés. Symbole de fertilité de la terre selon les uns, simple humour catalan selon les autres. On en trouve aujourd’hui à l’effigie de toutes les célébrités, du pape aux footballeurs.
En Amérique du Nord et au Canada : Santa Claus en majesté
Les États-Unis ont en quelque sorte créé l’image moderne du père Noël tel qu’on le connait. Santa Claus vit officiellement au Pôle Nord, dans une grande fabrique de jouets, avec sa femme Mrs. Claus et une armée de lutins. La Norad (commandement de la défense aérospatiale nord-américaine) suit même son trajet le 24 décembre et publie ses coordonnées en temps réel sur un site internet, traduit en plusieurs langues. Tradition lancée par hasard en 1955, suite à une coquille dans une publicité.
Les enfants américains laissent une assiette de cookies (souvent au chocolat ou aux pépites de chocolat) et un verre de lait pour Santa, plus une carotte pour Rudolph, le renne au nez rouge. Le matin du 25, les cadeaux sont déballés en pyjama au pied du sapin, dans une grande effervescence familiale.
Le Canada partage cette tradition, avec quelques particularités locales. À Toronto se déroule la plus ancienne parade de Noël au monde, depuis 1905. Au Québec, on retrouve l’influence française avec la traditionnelle messe de minuit et le réveillon du 24, suivi d’une tourtière à la viande hachée et d’une bûche de Noël.
En Australie et dans l’hémisphère sud : Noël en short
Imaginez un père Noël en short et tongs, les pieds dans le sable. C’est la réalité australienne. Décembre coïncide là-bas avec le début de l’été austral, avec des températures qui dépassent souvent 30 degrés. Le sapin est artificiel (les conifères ne poussent pas vraiment dans le bush), et le repas de Noël se fait souvent en plein air, autour d’un barbecue de fruits de mer ou de viande grillée.
Le « Father Christmas » australien arrive parfois en kangourou ou en surf dans les versions humoristiques. Les chants de Noël traditionnels ont été adaptés : on chante « Aussie Jingle Bells » avec des paroles qui parlent de plage, de soleil et d’eucalyptus. Le 26 décembre, le Boxing Day, est consacré à un autre barbecue à la plage entre amis.
En Nouvelle-Zélande, en Argentine, en Afrique du Sud et au Brésil, on retrouve le même phénomène. Le père Noël reste rouge et blanc, mais il transpire un peu sous son manteau de fourrure.
En Asie : un Noël laïque entre marketing et tradition
Le Japon a adopté Noël comme une fête commerciale et romantique, sans aucune dimension religieuse. Moins d’1 % de la population est chrétienne. Pourtant, les rues de Tokyo et d’Osaka rivalisent d’illuminations spectaculaires en décembre. Les couples célèbrent le 24 décembre comme une « Saint-Valentin d’hiver » : restaurants chics, escapades en amoureux, et surtout… du poulet KFC !
Oui, depuis une campagne marketing géniale lancée en 1974 par la chaine de fast-food, le poulet frit Kentucky est devenu LE plat de Noël au Japon. On réserve son seau de Christmas Bucket plusieurs semaines à l’avance. Bizarre, mais tellement ancré que c’est devenu une vraie tradition. Le dessert ? Le « Christmas Cake », gâteau aux fraises et à la chantilly, vendu uniquement entre le 22 et le 25 décembre.
En Chine, Noël est en train de devenir une fête commerciale dans les grandes villes. Les jeunes s’offrent des « pommes de Noël » : des pommes emballées dans un papier coloré, jeu de mots sur « Ping An Ye » (Sainte Veille) qui sonne comme « pomme paisible ».
Aux Philippines, en revanche, Noël est célébré avec une ferveur religieuse intense. Le pays compte plus de 80 % de catholiques. La saison de Noël y commence le 1er septembre et se termine début janvier. Quatre mois de fête, un record mondial. Les rues sont décorées de « parols », des lanternes en forme d’étoile à cinq branches, en bambou et en papier coloré.
En Afrique : entre traditions chrétiennes et spécificités locales
L’Afrique chrétienne fête Noël avec ferveur. En Éthiopie, l’une des plus anciennes nations chrétiennes au monde, Noël est appelé « Genna » et célébré le 7 janvier (calendrier julien). Les fidèles assistent à des offices longs de plusieurs heures, vêtus de blanc, et organisent un grand jeu de hockey traditionnel sur l’esplanade des églises.
Au Ghana, la fête commence dès le 20 décembre avec les chants des chorales d’enfants qui passent de maison en maison. Le repas typique mêle riz jollof, fufu et chèvre rôtie. En Afrique du Sud, le climat austral fait que Noël se passe en plein air, au braai (barbecue) avec des steaks et des saucisses boerewors.
Dans les pays musulmans d’Afrique du Nord, la fête n’est pas célébrée publiquement, mais les expatriés et les minorités chrétiennes maintiennent leurs traditions familiales. Le sapin y est vendu dans les supermarchés des grandes villes, plus comme un objet de décoration que comme un symbole religieux.
Les dates de Noël dans le monde : récapitulatif
Selon les pays et les traditions, le moment où arrivent les cadeaux varie énormément. Voici les principales dates à retenir :
| Date | Pays | Personnage |
|---|---|---|
| 5 décembre soir | Pays-Bas | Sinterklaas |
| 6 décembre | Allemagne, Autriche, Pologne, Hongrie, Belgique, Lorraine | Saint Nicolas / Mikulás / Święty Mikołaj |
| 24 décembre soir | France, Italie, Royaume-Uni, Allemagne, Norvège, Finlande | Père Noël / Babbo Natale / Father Christmas / Joulupukki |
| 25 décembre matin | États-Unis, Canada, Australie, Brésil | Santa Claus / Papai Noel |
| 31 décembre / 1er janvier | Russie, Ukraine, Biélorussie | Ded Moroz |
| 6 janvier | Espagne, Mexique, Italie (en plus) | Reyes Magos / Befana |
| 7 janvier | Russie, Éthiopie, Égypte (orthodoxes) | Noël orthodoxe |
Tableau des noms du père Noël à travers le monde
| Pays | Nom local | Date d’arrivée |
|---|---|---|
| France | Père Noël | 24 décembre |
| Italie | Babbo Natale | 24 décembre |
| Allemagne | Weihnachtsmann | 24 décembre |
| Autriche, Suisse | Christkind ou Weihnachtsmann | 24 décembre |
| Royaume-Uni | Father Christmas | 25 décembre |
| États-Unis | Santa Claus | 25 décembre |
| Espagne | Papá Noel et Reyes Magos | 25 décembre et 6 janvier |
| Portugal | Pai Natal | 25 décembre |
| Brésil | Papai Noel | 25 décembre |
| Pays-Bas | Sinterklaas et Kerstman | 5 et 25 décembre |
| Pologne | Święty Mikołaj | 6 décembre |
| Hongrie | Mikulás et Télapó | 6 et 24 décembre |
| Russie | Ded Moroz | 31 décembre |
| Suède | Jultomten | 24 décembre |
| Norvège | Julenissen | 24 décembre |
| Danemark | Julemanden | 24 décembre |
| Finlande | Joulupukki | 24 décembre |
| Islande | Jólasveinarnir (13 lutins) | du 12 au 24 décembre |
| Pays basque | Olentzero | 24 décembre |
| Japon | Santa-san | 24 décembre |
Comment ces traditions inspirent les décorations modernes
Toutes ces variations culturelles se retrouvent aujourd’hui dans les boutiques de décoration de Noël. Les figurines de père Noël représentent souvent les versions classiques, mais on trouve aussi des reproductions du Joulupukki finlandais, du Ded Moroz russe en manteau bleu, ou du Babbo Natale italien plus stylisé.
Les pères Noël géants, qui décorent les vitrines, les centres commerciaux et les jardins, s’inspirent presque tous du Santa Claus américain popularisé par Coca-Cola : grand, gros, rouge et blanc, avec un sac sur l’épaule. Ils peuvent atteindre 2 ou 3 mètrès de haut pour les plus impressionnants. Les Allemands en installent dans leurs marchés de Noël, les Britanniques dans leurs grands magasins comme Harrods ou Selfridges.
Pour la maison, les peluches de père Noël font le bonheur des enfants. Tailles variées, du petit modèle à mettre sur l’étagère jusqu’aux versions XXL de plus d’un mètre, à asseoir au pied du sapin. Certaines reproduisent des figures locales : un père Noël en peluche traditionnel, un Tomten suédois, ou même un saint Nicolas en mitre pour les régions où il reste très présent.
Le saviez-vous ? La couleur rouge du père Noël n’est pas due à Coca-Cola, contrairement à la légende. Elle existait déjà dans les illustrations du XIXe sièclé, notamment celles de Thomas Nast et de Norman Rockwell. Mais la marque de soda a définitivement gravé cette image dans l’imaginaire collectif.
Ce qui change vraiment d’un pays à l’autre
Au-delà des noms et des dates, certains éléments structurent les différentes traditions de Noël à travers le monde.
Le calendrier liturgique d’abord. Les pays catholiques fêtent le 25 décembre, les pays orthodoxes le 7 janvier, et les régions historiquement protestantes ont parfois conservé une dimension religieuse plus discrète. Ce qui explique pourquoi en Russie ou en Éthiopie, les sapins restent décorés bien après le 1er janvier.
Le climat ensuite. Difficile de chanter « Petit Papa Noël descend du ciel » quand il fait 35 degrés à l’ombre. Les pays de l’hémisphère sud ont adapté leurs traditions, parfois en gardant les codes nordiques (sapin, neige, fourrure), parfois en les détournant joyeusement (père Noël en surf, sapin en plastique vert vif).
Le rapport à la religion. Dans les pays massivement chrétiens, Noël reste avant tout une fête religieuse, avec messe de minuit, crèche et chants liturgiques. Dans les pays sécularises ou non chrétiens, c’est devenu une fête commerciale et familiale, où le père Noël remplace l’Enfant Jésus dans l’imaginaire collectif.
Le cadeau et son destinataire. Dans certaines traditions (saint Nicolas, Befana, Olentzero), seuls les enfants reçoivent quelque chose. Dans d’autres (Noël anglo-saxon notamment), tous les membres de la famille s’échangent des cadeaux. Et dans la culture japonaise, c’est plutôt entre amoureux qu’on s’offre des présents pour le 24.
FAQ : tout savoir sur le père Noël à travers le monde
▸Pourquoi le père Noël s’appelle-t-il différemment selon les pays ?
▸Qui est arrivé en premier, saint Nicolas ou le père Noël ?
▸Pourquoi les enfants espagnols reçoivent-ils leurs cadeaux le 6 janvier ?
▸Pourquoi le père Noël russe est-il habillé en bleu ?
▸Le père Noël finlandais habite-t-il vraiment en Laponie ?
▸Pourquoi mange-t-on du KFC à Noël au Japon ?
▸Combien de pères Noël dans le monde ?
▸Quelle est la tradition la plus étrange ?
Voilà de quoi briller à votre prochain réveillon. Le père Noël n’a pas un visage, il en à des dizaines. Et chaque famille, dans chaque coin du monde, perpétue à sa manière une tradition qui plonge ses racines dans des mythologies très anciennes. C’est peut-être ça, finalement, la vraie magie de Noël : un mythe universel décliné en mille variations locales.
